D'après un article de Simon Bradley sur swissinfo.ch

La guerre en Ukraine et le changement climatique forcent les gouvernements à relocaliser leurs approvisionnements énergétiques. En Suisse, les partisans de l’énergie géothermique jugent qu’elle peut aisément faire sa part. Encore faudrait-il qu’une véritable « success story » offre d’asseoir la dynamique.
Poussée par la crise climatique et la nécessité de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations d’énergie étrangère (comme le gaz russe), la Suisse explore activement la géothermie profonde. Alors que les sources géothermiques de faible profondeur (comme les pompes à chaleur résidentielles) sont déjà utilisées, le pays tente d’exploiter la chaleur souterraine située à des profondeurs bien plus importantes pour produire à la fois de l’électricité et du chauffage à grande échelle. Le gouvernement estime que les sources géothermiques pourraient à terme couvrir une part substantielle des besoins énergétiques et de chauffage du pays d’ici 2050.
Alors que certains projets suisses se contentent
La Sd’extraire de l’eau chaude remontant naturellement à la surface, le projet de géothermie profonde de la Haute-Sorne repose sur une méthode différente et plus controversée.
Les craintes entourant le projet de Haute-Sorne trouvent leur origine dans l’histoire récente de la Suisse. Des projets géothermiques profonds antérieurs à Bâle (2006) et à Saint-Gall (2013), qui impliquaient l’injection d’eau ou la fracturation hydraulique, ont provoqué des séismes mineurs et ont finalement dû être abandonnés. De ce fait, des projets comme celui de Haute-Sorne se heurtent à des obstacles majeurs en matière d’acceptation par le public et de sécurité environnementale.
En revanche, d’autres projets en cours — comme celui de Lavey-les-Bains — tentent d’éviter ces risques en utilisant un seul forage pour extraire l’eau chaude existante plutôt que de réinjecter activement de l’eau dans des failles géologiques.
Malgré les risques liés à l’exploration et les coûts financiers élevés, les experts estiment que l’énergie géothermique recèle un potentiel énorme et inexploité pour la Suisse. Toutefois, pour que des projets comme celui de Haute-Sorne aboutissent et contribuent à la transition énergétique à long terme du pays, le secteur devra prouver qu’il est capable d’opérer en toute sécurité et de convaincre les communautés locales sceptiques.
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